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Maison Kabakov, jusqu'ou peut on aller au nom de la culture?

Publié le par Emmanuelle AJON


Si vous vous promenez ou si vous devez vous rendre à l’hôpital Pellegrin, vous rencontrerez sur le tracé du tramway, une étrange maison :
La maison aux personnages d’Ilya Kabakov.

C’est une des œuvre faissant parti de la commande artistique  publique de la communauté urbaine de Bordeaux  ayant accompagné l’installation du tramway  sous la présidence d Alain Juppé.


Ces œuvres ont été choisies par un comité artistique et validées ensuite par les communes et la CUB.

Onze artistes ont, donc, été invités à décliner le thème de l'écriture et du récit sur le fil conducteur du tramway : cinq œuvres de réseau (des panneaux coupe vent, une serie limitée de tickarte collector…), et six œuvres monumentales:

  • - le lion bleu place Stalingrad, de Xavier Veilhan, qui ne laisse personne indifférent :
    145 639 euros,

    le T à Cenon de Claude Closky :
    124 856 euros
    Travelling, rond point Unitec à Pessac d’Elisabeth  Ballet, :
    173 030 euros
  • -  Lieu dit, de Michel François,,à Lormont, 7622 euros. 
  • -  Le récit perpétuel, à Talence, de Melik Ohanian , 73 030 euros.
  • La maison aux personnages, d’IIya Kabakov, 563 200 euros .
    La dernière à être mise en place qui sera inaugurée en octobre 2009 par le nouveau président de la CUB
    Vincent Feltesse qui n’était à l’origine de cette commande.
  •  
    Cette œuvre d’art commandée par Alain Juppé, lors de sa présidence à la CUB, est curieuse. C’est une maison, de plus de 150 m², dont on vient voir l intérieur abandonné par ses habitants par les fenêtres… «  On peut échapper au dehors en regardant en dedans »  pouvez t on lire dans le journal Sud Ouest cette semaine…..

Mais cette œuvre monumentale, de loin la plus couteuse de cette commande publique, me fait poser la question : jusqu’ou peut on aller au nom de la culture ?

En cette période de crise du logement, des citoyens vivent, et certains meurent, dans la rue …N’est il pas indécent de proposer aux personnes sans logement de pouvoir regarder de dehors à quoi peu ressembler la chance d’avoir un  toit ?

N ‘est ce pas indécent au prétexte de l'art de dépenser  plus de 560 000 euros  pour un logement qui ne sera jamais occupé mais juste exposé ?

Cette  forme d’art ne peut elle pas apparaître comme  l’apanage de personnes aisées,  d’enfants gâtés qui peuvent  s’autoriser à rêver devant une maison vide et de passer à coté d’un SDF dormant dans la rue, le soir, et d’y apercevoir encore de la poésie ?

Bordeaux, faut il le rappeler, n’a toujours pas atteint le quota obligatoire des 20% de logements sociaux , application de la loi SRU, dans ses murs.  Cependant, on y expose une maison qui ne sera jamais habitée qu’il faudra ensuite et durant des années entretenir, surveiller……

Je ne comprends pas ce déni jeté aux visages des familles Bordelaises sans logement, mal logées ou en cours d’expulsion,  que ce permet la mairie de Bordeaux !

Je ne perçois là qu’un appel au squat !

 

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