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Pas de surbooking pour les bébés!

Publié le par Emmanuelle Ajon

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La disparition de l’accueil en école maternelle pour les enfants les plus jeunes va continuer de venir  accroitre la pénurie de manque de places d’accueil de petite enfance.

 

Pour répondre à cette pénurie et aux promesses gouvernementales d’atteindre 200 000 places supplémentaires d’accueil en fin de mandat, plusieurs fers sont aux feux,aprés la mise à mal de l’école maternelle, expérimentation des jardins d’enfants, l’inclusion de ce champ dans la directive européenne « services », et enfin un nouveau décret permettant d’assouplir l’encadrement des enfants.

 

Ce nouveau décret porté par Nadine Morano prévoit  plusieurs mesures assouplissant les règles qui encadrent les modes de garde collectifs. Ainsi, il abaisse de 50% à 40% la proportion minimale obligatoire de personnel qualifié (puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture, infirmiers ou psychomotriciens) dans les établissements d'accueil des enfants de moins de 6 ans.

 

A l'inverse, il accroît la possibilité d'accueil en surnombre pour faire face à des pointes d'activité. Jusqu'à présent limité à 10% quelle que soit la taille de la structure, ce surnombre pourra être de 15% à 20 %  selon la grandeur  des établissements.

Il entraine aussi la création des maisons d’assistantes maternelles. Ce sont des locaux loués par des nounous qui pourront accueillir ensemble les enfants dont elles ont la garde. Si cette solution permet de lutter contre l'isolement des assistantes maternelles et d’offrir plus de souplesse aux parents, elle laisse en suspend de nombreuses questions juridique sur l 'adaptation des locaux devant accueillir du public, du mobilier adapté aux enfants,  les assurances, ou encore la rémunération de ses employés qui devront ne pas dépasser 35 heures puisqu’elles ne travaillent plus à leur domicile….

Ce décret vient comme de nombreux dans l’urgence et avec peu d’écoute des professionnels de ce secteur.

 

Alors qu’il est reconnu que les premières années de la vie sont les plus cruciales en termes de développement cognitif, émotionnel et du langage, c’est à cet âge que les investissements publics en matière d’éducation sont les plus bas et qu’ils font encore baisser en France. Laissant le secteur de la petite enfance de plus en plus aux mains du secteur privé et ouvrant la brèche d’accélération de la différence sociale des la crèche.

 

Cet assouplissement de l’encadrement, la création des jardins d’éveil et la mise dans la directive service est une véritable étape vers la marchandisation de la petite enfance par le gouvernement ouvrant la porte aux crèches low -coast et aux places de surbooking en crèche.

 

Pourtant, plusieurs analyses[1] ont démontré qu’investir dans l’accueil et l’éducation de la petite enfance constitue pour les États une action particulièrement payante.

 Des prestations précoces touchant la petite enfance sont bien plus rentables que des interventions plus tardives telles que la réduction des effectifs par enseignant, la formation professionnelle, les programmes de réinsertion pour jeunes…..

 

Cependant, les enjeux qui se jouent dans la politique de la petite enfance sont capitaux dans l’avenir de notre société, en  offrant de réduire l’instauration précoce d’inégalités, de faire avancer l’égalité hommes/femmes en terme d’emploi, de stimuler les résultats scolaires et d’investir dans le lien social et le vivre ensemble.

 

Je suis opposée à cette politique de solution «  à tous prix » répondant à l’urgence de la pression de la demande et aux promesses présidentielles. La politique envers la petite enfance, ne peut être une simple politique comptable.

 

C’est pour cette raison que je serais aux cotés des parents et professionnels samedi 29 mai, pour que le gouvernement revoit sa copie en concertation avec les professionnels de ce secteur et que je nous espère nombreux.

 


[1] Bilan Innocenti 8, UNICEF, décembre 2008

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Tout le monde ne sera pas logé comme St Eloi à Bordeaux

Publié le

images.jpgEn pleine polémique sur la paroisse St Eloi  qui est installée dans des bâtiments municipaux illégalement depuis 2004, une lettre reçue par de nombreuses associations Bordelaise passe inaperçue.

 

En effet, sous le principe de l’agenda 21 la mairie de Bordeaux  a délivré une missive demandant aux associations de préciser l’utilisation faite des locaux municipaux afin de les mutualiser avec d’autres structures. Le partage de l’espace pour l’expression d’un maximum d’association pourrait paraître louable, quand on connaît la forte demande non résolue  de locaux par les associations Bordelaise.

Seulement dans ce même courrier la ville précisait aux associations qu’elles devraient s’acquitter prochainement  d’un loyer et des charges afférentes aux locaux loués.

 Pour de nombreuses associations, la plus part gérées par de bénévoles au budget plus que fragile, cette nouvelle dépense est insupportable financièrement et au-delà pourrait mettre en péril leur pérennité. Pourtant ces associations avec leurs variétés rendent toutes des services immenses aux citoyens ,non pris en charge bien souvent par ailleurs, palliant à un besoin crucial pour la vie de la cité, renforcement du lien social, prise en charge de public spécifique, accompagnement de malade, ……

 

Alors, même s’il on ne veut polémiquer, on ne peut que souligner, se questionner sur la différence de traitement face à l’utilisation des bâtiments publics par la municipalité face à un groupe d’extrémistes religieux par rapport au tissus associatif local. D’un coté une utilisation illégale depuis 2004 de l’église St Eloi accepté par la ville de Bordeaux et de l’autre la remise en question pour de nombreuses structures associatives de leur survie sur le territoire Bordelais par la mise en place de nouvelles règles du jeu de l’utilisation de bâtiments publics.

 

Pourquoi une telle dissimilitude, quel est l’objectif  de la ville de Bordeaux?

 

Nous ne pouvons accepter,de la ville de Bordeaux, d’une part cette différence de traitement et l'affaiblissement de la richesse associative Bordelaise. Je crois sincèrement   à l’utilité sociale, publique, et à la nécessaire liberté d’expression portée par le travail associatif, bien souvent  véritable et précieux aiguillon des politiques publiques.

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