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Bordeaux, les Rroms : du travail œcuménique à l’attaque politique.

Publié le par Emmanuelle AJON


Je ne peux qu’exprimer mon grand étonnement face au positionnement de la mairie de Bordeaux sur le dossier de la population rrom. En effet, après des années sur ce dossier où je n’ai entendu que les louanges de la majorité municipale, et son vœu d’un travail de terrain dans un esprit de partenariat, hors champ de récupération politique, les propos de ce jour me paraissent annoncer un net changement de position. Pour ma part, je salue l’action concrète du gouvernement, avec la prise en compte rapide de l’accès au marché de l'emploi pour ces familles, par l’abrogation de la taxe imposée à leurs employeurs, dont ils étaient victimes depuis des années (véritable frein à leur insertion), ainsi que l’ouverture d’une liste plus large des métiers. Cela même si – je ne m’en cache pas – je fais partie de celles et ceux qui souhaitent que nous allions vers l’abandon immédiat des mesures transitoires. Je salue également un gouvernement en phase de réflexion avec les pays d’origine de ces flux migratoire, ainsi que la réflexion sur les retours par charters coûteux, inhumains et inefficaces, de surcroît générateurs de systèmes mafieux, autour d’un inacceptable tourisme de la misère. Un gouvernement qui malgré tout s’est saisi de cette problématique humanitaire dans les premières semaines de son action, conformément à ses engagements. La question de cette migration de survie interroge plusieurs problématiques locales : le logement, l’accés à l’emploi, le bien vivre ensemble. Comment répondre en effet aux besoins de logements ou d’hébergement de cette population alors que la ville n’offre que 16% de logements sociaux, ce qui déjà ne permet pas de répondre à la demande des Bordelais ? Ce manque crucial d’un bien fondamental dans notre capitale régionale cause l’engorgement des structures existantes d’hébergement. L’absorption d’une centaine de familles de Rrom représente évidemment un problème insurmontable quand le “bien habiter” pour tous n’est déjà pas assuré par la ville de Bordeaux. Il est en outre stupéfiant qu’une collectivité considère que le financement de “maisons” de planches et la création d’un bidonville intra muros soit une réponse digne d’une société du XXIe siècle, qui lui donne le droit de juger de sa hauteur l’action des autres collectivités. L’histoire et la politique qui accompagne la population rrom (et plus largement bulgare et roumaine), imposent qu’une véritable insertion dans nos « cités » passe par un véritable travail pédagogique, et soit portée par tous les élus. C’est ce que nous demandons au maire de Bordeaux depuis de nombreux mois, afin de pacifier les rapports entre riverains et habitants de squats. Mes demandes en ce sens demeurent hélas à ce jour sans réponse. Par ailleurs nous arrivons aujourd’hui à la fin d’un dispositif (la MOUS) fin que nous connaissions depuis longtemps : le temps du bilan est donc arrivé tant, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, il ne suffit pas de communiquer et de dépenser de l’argent public ; il y a un moment où il devient nécessaire de vérifier que la dépense est efficiente pour la population cible. A juste titre aujourd'hui, la CUB attend de connaître les résultats de cette première MOUS et de son travail sur le terrain (non évacuation des squats, sauf à la demande des communes ) pour accompagner la reconduite d’un tel dispositif si le préfet choisi de le renou veller. On ne peut laisser la mairie juger seule des engagements des collectivités sur ce dossier, comme si la ville de Bordeaux avait vocation ou autorité à distribuer des bons points, alors même que le Conseil régional d’Aquitaine travaille depuis des mois avec les acteurs de terrain pour ouvrir le champ de la formation professionnelle à ces populations. Dans le cadre du droit commun, il met ainsi ses services à disposition des professionnels de terrain, bien que l’action sociale ne soit pas dans son champ de compétences. Des services qui demeurent en attente du fléchage d’un public dont ils ne peuvent connaître a priori les attentes et les besoins. Il semble enfin dangereux qu’un élu de la République remue le chiffon rouge d’une migration sociale massive sur nos territoires, en provenance de pays aujourd’hui pleinement touchés par la crise économique, faisant ainsi un curieux amalgame entre les populations rrom, espagnoles et bulgares. Parce que les appels à la frayeur populaire et au rejet des différences et de l’étranger ont toujours fait fi des contextes économiques, politiques et historiques, on ne peut qu’être choqué d’un tel manque de conscience politique sur un dossier aussi délicat.

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Trégey, un lycée victime d’une “erreur” médiatique…?

Publié le par Emmanuelle AJON

En ma qualité de conseillère régionale et municipale de Bordeaux, j’ai rencontré aujourd’hui l’équipe de direction du lycée Trégey, qui a pu m’exposer la réalité des événements survenus dans cet établissement.

Nous sommes face à un acte isolé de colère et d’excès de violence d’un élève durant un cours d’histoire.

 Ce cours traitait d’un des thèmes du programme officiel : la république et le fait religieux depuis 1880. Le différent entre l’élève et le professeur est bien né durant ce cours ; en aucun cas cependant pour une question de religion, mais bien sur la position de participation de l’élève. Il s’agit en réalité d’un acte de violence et de colère incontrôlées d'un bon élève de cet établissement. Un acte condamnable, mes pensées allant bien entendu au professeur d’histoire, qui a géré avec calme et professionnalisme cette situation, et a qui je souhaite un prompt rétablissement.

 C’est un déplorable amalgame entre le déroulement et le contenu d’un cours normal et un problème de religion qui a entraîné une stigmatisation sur-mediatisée du lycée Tregey, nuisible à l'image de cet établissement. Il serait inadmissible qu’une telle situation occulte l’excellent travail des équipes pédagogiques et d’encadrement, qui œuvrent depuis des années au développement d’un Lycée d’Enseignement Professionnel attrayant et de qualité.

 Ce coup de projecteur brutal, sur la base de fausses informations, ne saurait en effet annihiler le résultat du travail conjoint de ces équipes, des parents d'élèves , de l’academie, du  conseil régional qui ont réussi à donner à l’établissement les moyens de sa réussite et de celle de ses élèves. 

Il convient à cette occasion de pointer les problèmes auxquels sont confrontés les enseignants face aux nouveaux programmes d’histoire, “saucissonnés” et détachés de la frise historique, face à des élèves que le socle fragile de leurs connaissances expose facilement à des interprétations erronées. Demandons-nous si de tels programmes ne sont pas au bout du compte dangereux pour l’avenir de nos enfants ? Avec d’autres, cette question à toute sa place au coeur de la refondation de l’école engagée par le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, suite au démantèlement que subit depuis des années le système scolaire français.

 

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