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Un cri de SOS de Bordeaux Bastide

Publié le par Emmanuelle AJON

Lundi 12 novembre, un article de Sud Ouest faisait état d’une réunion sur la population rrom à Bordeaux, et plus particulièrement sur le plus gros squat de centre-ville, avenue Thiers. En quelques mois, de nombreuses avancées ont été réalisées par le gouvernement Ayrault pour l’intégration, ou plutôt l’insertion des Rroms en France : - Insertion par le travail, grâce à l'abandon de la taxe d’embauche et l'ouverture à de nombreux métiers ; - Insertion par l’enseignement avec la mise en place de nouvelles circulaires sur la scolarisation des Rroms; - Mise en place d’un préfet délégué sur cette question. Au quotidien cependant, sur le quartier de Bordeaux Bastide, l’héritage est lourd et ces mesures ne permettront hélas pas de résorber rapidement le plus gros squat du centre-ville, dans un contexte inquiétant de pénurie de logements pour tous. Bordeaux n’atteint toujours pas, loin de là rappelons-le, les 20% (bientôt 25%) de logements sociaux exigés par la loi. De nombreux Bastidiens s’indignent des conditions de vie inacceptables dans lesquelles vivent les occupants du squat : Ils dénoncent le manque d’hygiène généré par le regroupement de 500 personnes, dans un lieu démuni d'équipements adéquats, situé paradoxalement dans un quartier présenté, sans cesse comme un exemple du renouveau bordelais ; Ils s’indignent du discours extrémiste de certains habitants à la pensée extrémiste, comme ils condamnent les comportements irrespectueux et les violations des règles par une petite minorité de la population du squat ; Ils expriment leur colère face à une misère qui empêche, de fait, toute intégration dans la vie d’un quartier. Comme eux, avec eux, je dis ma colère quand, malgré le travail remarquable des associations et des médiateurs, force est de constater qu'aucune amélioration n'a été apportée à cette situation. Peux-t-on admettre qu'une ville telle que Bordeaux, qui a su dégager 500 000 euros pour la réalisation d'une statue monumentale, ne puisse trouver, en partenariat , des crédits permettant d'engager concrètement, un processus d'hébergement durable et décent. L'expulsion, l'aide au retour, ne marchent pas, études, diagnostics et bilans en apportent la preuve. Après avoir joué le bon élève, s'être démarquée sur ce sujet, à bon escient, de sa famille politique, je n'ose croire que la Municipalité ait décidé, aujourd’hui, pour des raisons électoralistes, de laisser pourrir la situation, de sorte à conduire au constat de l’impossible insertion de ces populations. Je refuse que les Bastidiens soient pris en otage dans ce type de jeux malsains. Des solutions doivent être apportées pour faire respecter la loi, sur le squat comme sur le reste du quartier ; pour réduire l’insalubrité, proposer une insertion réelle aux familles le souhaitant, et répartir la population du squat sur différents quartiers de Bordeaux. Motivés par l'intérêt général, et rien d'autre, cherchons ensemble des solutions dignes et humaines.

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