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Ma reaction à l'evacuation du squat de l'avenue Thiers

Publié le par Emmanuelle AJON

Ces évacuations répondent à deux préoccupations de la ville de Bordeaux dont une me paraît bien plus louable que l’autre. Ne soyons pas dans l’angélisme, la première vient d’un choix de gérer les importants problèmes posés par ses squats dans le voisinage au fil du temps. Je parlerai ici plus particulièrement de celui de l‘avenue Thiers. En effet, des problématiques se sont soit accrues, soit ajoutées dans le temps, rendant la cohabitation entre résidants bordelais et une partie de la population du squat invivable. Plusieurs raisons à cela : manque de salubrité, de règles de vie commune, pour une petite poignée le non respect des lois de notre pays, des situations provisoires d’attentes de papiers devenus inacceptables pour certains. Bref, l’enkystement de la vie dans un bidonville de plus en plus dur à vivre de l’intérieur et à accepter au XXI° siècle devant sa porte. Cette accumulation dans le temps a introduit beaucoup de violence dans les relations entre « communautés » et des situations intolérables. Une fermeture programmée (déjà posée pour la fin 2014) conjuguée avec une évacuation progressive du squat aurait permis d’accompagner vers une insertion globale dans notre cité les familles le souhaitant. Empêcher de nouvelles installations et accompagner le départ des autres sont nécessaires pour ramener la solidarité et l‘acceptation de l’autre qui avait été la base dans ce quartier depuis l’arrivée des premiers Rroms, en 2007. La seconde préoccupation me semble moins louable, celle de trouver subitement des solutions avant la fin de l'année , des solutions rapides et pas toujours très partagées. De là à y voir une commande pré électorale, il n’y a pas que les esprits chagrins qui y penseront, non ? Surtout après un changement de discours aussi radical de la mairie qui tenait celui -ci en septembre 2012 : « Gérer la question des Rroms par la fermeture des squats n'est pas une solution : au 31 décembre 2013, ils pourront circuler et travailler librement en Europe. », plaidait alors une conseillère bordelaisehttp://www.gazette-sante-social.fr/actualite/actualite-generale-bordeaux-maintient-l-embauche-de-deux-mediateurs-sociaux-pour-gerer-ses-refugies-economiques-35196.html En effet, la brutalité de ces évacuations réalisées sans partenariat avec médecin du monde et le corps enseignant de Bordeaux Bastide est assez surprenante. Des enseignants qui se sont impliqués dans la scolarisation et l’accompagnement des familles n’ont jamais été consultés sur l’insertion des familles. Ils étaient inquiets de ne pas avoir certains de leurs élèves mardi matin, mais aussi en colère que leur travail soit si peu reconnu ou si facilement évincé, et que ce travail partenarial d’insertion qui a été mis en œuvre depuis des mois et des années sur le quartier soit ainsi ignoré. Je les comprends et partage leur colère. Une question revient à la bouche de chacun : qui décide de l’avenir de ces gens et comment ? Pourquoi, alors que chacun était préparé et prêt à travailler sur la fermeture du squat de l’avenue Thiers, cela a-t-il été fait dans l’urgence, sans aucune consultation ? Alors que l’on sait que ce type d’opération est un coup d’épée dans l’eau, comme l’expliquait très bien à la presse un des médiateurs de la mairie le 16 février 2010 dans AQUI, ou une conseillère municipale dans un article de Sud Ouest du 31 août 2012. C’est pour dénoncer cette opacité, le travail en urgence et sans partenariat ouvert, entraînant un déplacement de population, des cassures dans les parcours d’insertion de certains enfants, ainsi que l’accélération de calendrier bien collée à celui des élections que je serai vendredi soir au parrainage républicain proposé par RESF pour soutenir une famille et un enfant dans leur désir d’intégration.

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