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De retour d’un camp assiégé à Bordeaux, France, Aout 2010.

Publié le par Emmanuelle AJON

Ce soir j ai honte.

 Des familles femmes, enfants, hommes de tout âge parqués sur un parking, entourés d un cordon de CRS. Ces derniers ayant pour ordre de ne pas laisser sortir les personnes en voiture. Empêchant ainsi le ravitaillement, le départ pour des soins médicaux ou l’accès au travail pour certains.

Et malgré cet état de siège injuste et incompris, je n ai pu entendre que des gens pacifistes, ne voulant en rien céder  à la violence qui leurs est  opposée, comme sur leur droit  d’accueil.

 Mais qui sont les personnes ayant mérité un tel traitement en France me direz vous ? Ce sont des familles de français et françaises pour beaucoup commerçants, ayant le droit de vote et payant pour certains  des impôts….

Leur tort n est pas là non, mais d’être dans la spirale de propagande  et d’action du tout sécuritaire du gouvernement. En effet, depuis les événements de Grenoble, le gouvernement est rentré dans le tout sécuritaire en stigmatisant les Roms et les gens du voyage  et en faisant des amalgames incroyables entre deux populations qui n’ont aucune problématique commune, pour les jeter en  boucs émissaires à la vindicte populaire.

 Nos assiégés sont des gens du voyage, venant depuis de plusieurs années sur Bordeaux. Or, cette année la ville n’a pas souhaité tout mettre en œuvre pour que leur installation puisse se faire dans un climat serein.

Le bras de fer engagé avec les forces de l’ordre  est elle à interpréter comme une mise en conformité avec le discours présidentiel, malgré les réserves émises par ailleurs par le Maire de Bordeaux ?

 Même si nous connaissons tous la difficulté de trouver un lieu pour accueillir une aire de grand passage répondant aux exigences souhaitables en termes de taille, de positionnement et offrant les conditions techniques suffisantes.

Pourtant, nous ne pouvons que noter que la ville de Bordeaux a su trouver du foncier disponible pour un grand stade. Nous pensons que notre ville doit aujourd’hui se garder de devenir une ville à deux visages, à la fois séduisante et accueillante pour les uns mais oubliant les «  sans » sans terrain, sans logement, sans,  …..

 Ne serait il pas possible de travailler à la création d’une aire de grand passage adaptée aux modes de vie des itinérants afin qu’à coté du «  doré » des façades, du miroir d’eau ….les « sans terrain » ne soient pas oubliés, et ne pas répondre au droit d accueil par la force et la violence ?

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