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La démocratie est elle une opérette?

Publié le par Emmanuelle AJON

 

La démocratie locale désigne la participation des habitants à la vie locale. Elle doit participer  au développement durable en renforçant le lien social et en préparant des décisions concertées en environnement,  pour les questions sociales et de santé, l'organisation des services publics...

C’est un moyen de renouveler le débat public et de s'adapter aux exigences de la société en matière de transparence, de dialogue et de proximité, et  faire reprendre confiance en la « politique » aux citoyens.

 

 

Mais  je crois qu il est bon de nous rappeler  qu’elle a été en partie fortement imposée  par la loi du 27 février 2002 en France. Celle-ci a en effet rendu obligatoire, entre autre,  les conseils de quartier pour les communes de plus de 80 000 habitants. Cette législation est née de la recrudescence du taux d’abstention en France.

 

Ce n’est donc pas par hasard et désir de tous les élus que ceux-ci se sont miraculeusement démultipliés.

 

C’est peut être pour cela qu’elle a tant de mal parfois à trouver sa route dans certaine ville. En effet, cette démocratie ne doit prendre le travers du « cause toujours », c'est-à-dire ou seulement ceux qui parlent le plus haut sont entendu. Elle ne doit non plus prendre le chemin d’une instrumentalisation cachée par des règlements tatillons ou emberlificotés ne laissant pas la parole aux plus grands nombres mais plutôt au plus petit possible, ou pire encore ne devenir qu’un label de communication.

 

 

Pourtant l’enjeu de la perversion du concept de démocratie locale et/ou participative peut être lourd. En effet c’est ce type de positionnement qui expédiera la démocratie représentative vers une crise profonde et majeure s’illustrant par une envie d’abandon des urnes et de la non croyance en la force de sa voix individuelle, une part de résignation ou d’individualité ou pire de retour vers une loi parallèle celle de la violence et de la peur. En somme un aboutissement inverse à celui recherché par la participation citoyenne, qui n’était pas de faire croire à chaque citoyen qu’il est un « grand sachant tout »  mais  plutôt que nous avons tous à apprendre de l’écoute des uns et des autres.

 

Aussi,  quand dans une ville les conseils de quartiers, comme à Bordeaux,  évoluent vers une réunion à huit clos regroupant des élus uniquement de la majorité et des citoyens tirés au sort dans le plus grand des secrets, je n’y vois qu’une manière de détourner encore les citoyens de l’intérêt à la chose politique.

Cela m’apparaît comme une belle pirouette  qui ne mène en rien avec la première marche du podium de  « la vie politique », mais qui ressemble plus à celle d’un spectacle de cabaret !

 

Cela  ne risque t il pas de conférer à   la politique l’allure d’une opérette que l’on regarde mais à laquelle on ne souhaite pas participer ?

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