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Un service public de la petite enfance, n 'est pas un dogme mais un choix d'avenir!

Publié le par Emmanuelle AJON

 

 

Les inégalités sociales depuis 2002 et pis encore depuis 2007, ne font que s’accroître et l’ascenseur social qu’offrait notre système éducatif semble en panne, n’offrant plus à tous l’égalité des chances.

Aujourd’hui la France est positionnée à la limite du décrochage scolaire par tous les indicateurs internationaux.

Pourtant l’éducation est une des clefs de la démocratie offrant à chaque enfant une chance d’acquérir les savoirs de base, de préparation d’avenir quelque soit son milieu social, et de devenir un futur citoyen en capacité d’analyser la société dans laquelle il vit.

 

La dégradation très importante de notre système d’éducation est due à la politique dogmatique,  de nos gouvernants depuis plusieurs années :

-         Dérèglementation systématique, tant dans notre pays qu'en Europe, qui a fait de la mondialisation  un facteur de polarisation sociale des sociétés dites développées, accentuant les inégalités.

-         Doctrine aveugle de la réduction à tout prix des déficits publics, alliée à une défiscalisation des plus riches, qui a entraîné des milliers de suppressions de postes dans la fonction publique.

-         En particulier depuis 2007, dans l'éducation nationale cette politique a pour effet, notamment, la suppression de prise en charge des enfants de moins de 3 ans, néfaste pour les familles les plus modestes, disparition d'une formation de qualité pour les professeurs débutants, disparition des R.A.S.E.D.….

-         Cette politique est désastreuse car, avec moins d'enseignants, de médecins, d'infirmières, de personnels dans les établissements scolaires, comment assurer l'égalité républicaine pour nos enfants. ?

-         Cette rupture de légalité républicaine est accentuée par de fortes augmentations de l'aide publique aux écoles privées.

 

Il nous faut refuser une telle dérive, partout où nous le pouvons et nous pouvons déjà le faire au niveau local. Aussi, comme d'autres avant moi, j’ai fait un rêve. Je rêve, à Bordeaux, d’une vraie politique publique de la petite enfance, pour les petits Bordelais.

C’est pour cela que j'ai voté contre la délégation de service public que la mairie de Bordeaux est en train de mettre en place pour la gestion des crèches.

Car le principe même de rémunération du délégataire ne peut entraîner qu'une augmentation du coût du service pour la famille ou une baisse de la masse salariale du personnel.

 

Ce n’est en rien ici un refus dogmatique, mais plus que jamais, réaffirmer que la politique de la petite enfance doit être en première ligne d’une véritable chance d’avenir pour toute la  jeunesse.

 

La rémunération de l'entreprise délégataire, même associative, est en effet obligatoirement basée pour partie sur les revenus d'exploitation du service et donc sur la nécessité de rentabilité. Objectif normal pour une entreprise privée mais qui n'est pas celui du service public. L'objectif du service public est d'abord de rendre un service de qualité à l'usager dans les meilleures conditions. De la manière la plus rationnelle et la plus juste possible et non pas la plus rentable.

 

L’accueil de tous les enfants quelques soient leur origine et leur problématique, dans de bonnes conditions permettant de traiter tant l'individu que le collectif, en développant un travail de sociabilisation et éducatif, passe nécessairement par un taux d’encadrement élevé, des salariés  expérimentés, et qualifiés .Tout cela a un coût qui est n’est pas compatible avec la réalité économique des entreprises.

 

Les premières années de la vie sont les plus cruciales en termes de développement cognitif, émotionnel et du langage, et pourtant c’est à cet âge que les investissements publics, aujourd'hui, en matière d’éducation sont les plus bas et qu’ils vont continuer à baisser. Laissant le secteur de la petite enfance de plus en plus aux mains du secteur privé et ouvrant la brèche d’accélération de la différenciation sociale dès la crèche.

 

Pourtant, plusieurs analyses ont démontré qu’investir dans l’accueil et l’éducation de la petite enfance constitue une action particulièrement « payante » pour le moyen et long terme.

Des prestations précoces touchant la petite enfance sont bien plus rentables que des interventions plus tardives telles que la réduction des effectifs par enseignant, la formation professionnelle, les programmes de réinsertion pour jeunes…..

 

Parce que l’avenir de petits Bordelais ne doit pas être « défait » des le berceau, je suis et serai en totale opposition avec la privatisation du service public de la petite enfance.

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