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Articles avec #politique tag

Ma reaction aux evacuations de squat de la Bastide

Publié le par Emmanuelle AJON

Ces évacuations répondent à deux préoccupations de la ville de Bordeaux dont une me paraît bien plus louable que l’autre. Ne soyons pas dans l’angélisme, la première vient d’un choix de gérer les importants problèmes posés par ses squats dans le voisinage au fil du temps. Je parlerai ici plus particulièrement de celui de l‘avenue Thiers. En effet, des problématiques se sont soit accrues, soit ajoutées dans le temps, rendant la cohabitation entre résidants bordelais et une partie de la population du squat invivable. Plusieurs raisons à cela : manque de salubrité, de règles de vie commune, pour une petite poignée le non respect des lois de notre pays, des situations provisoires d’attentes de papiers devenus inacceptables pour certains. Bref, l’enkystement de la vie dans un bidonville de plus en plus dur à vivre de l’intérieur et à accepter au XXI° siècle devant sa porte. Cette accumulation dans le temps a introduit beaucoup de violence dans les relations entre « communautés » et des situations intolérables. Une fermeture programmée (déjà posée pour la fin 2014) conjuguée avec une évacuation progressive du squat aurait permis d’accompagner vers une insertion globale dans notre cité les familles le souhaitant. Empêcher de nouvelles installations et accompagner le départ des autres sont nécessaires pour ramener la solidarité et l‘acceptation de l’autre qui avait été la base dans ce quartier depuis l’arrivée des premiers Rroms, en 2007. La seconde préoccupation me semble moins louable, celle de trouver subitement des solutions avant la fin de l'année , des solutions rapides et pas toujours très partagées. De là à y voir une commande pré électorale, il n’y a pas que les esprits chagrins qui y penseront, non ? Surtout après un changement de discours aussi radical de la mairie qui tenait celui -ci en septembre 2012 : « Gérer la question des Rroms par la fermeture des squats n'est pas une solution : au 31 décembre 2013, ils pourront circuler et travailler librement en Europe. », plaidait alors une conseillère bordelaisehttp://www.gazette-sante-social.fr/actualite/actualite-generale-bordeaux-maintient-l-embauche-de-deux-mediateurs-sociaux-pour-gerer-ses-refugies-economiques-35196.html En effet, la brutalité de ces évacuations réalisées sans partenariat avec médecin du monde et le corps enseignant de Bordeaux Bastide est assez surprenante. Des enseignants qui se sont impliqués dans la scolarisation et l’accompagnement des familles n’ont jamais été consultés sur l’insertion des familles. Ils étaient inquiets de ne pas avoir certains de leurs élèves mardi matin, mais aussi en colère que leur travail soit si peu reconnu ou si facilement évincé, et que ce travail partenarial d’insertion qui a été mis en œuvre depuis des mois et des années sur le quartier soit ainsi ignoré. Je les comprends et partage leur colère. Une question revient à la bouche de chacun : qui décide de l’avenir de ces gens et comment ? Pourquoi, alors que chacun était préparé et prêt à travailler sur la fermeture du squat de l’avenue Thiers, cela a-t-il été fait dans l’urgence, sans aucune consultation ? Alors que l’on sait que ce type d’opération est un coup d’épée dans l’eau, comme l’expliquait très bien à la presse un des médiateurs de la mairie le 16 février 2010 dans AQUI, ou une conseillère municipale dans un article de Sud Ouest du 31 août 2012. C’est pour dénoncer cette opacité, le travail en urgence et sans partenariat ouvert, entraînant un déplacement de population, des cassures dans les parcours d’insertion de certains enfants, ainsi que l’accélération de calendrier bien collée à celui des élections que je serai vendredi soir au parrainage républicain proposé par RESF pour soutenir une famille et un enfant dans leur désir d’intégration.

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Fin d'épidémie de coma!

Publié le par Emmanuelle AJON

Je lis sur de nombreux murs des messages d'élus qui à propos du mariage pour tous s'exprime pour. Enfin, les républicains et humanistes sont de plus en plus nombreux dans cette famille politique qui n'est pas la mienne.

 

MARIAGE POUR TOUSJe ne peux que me réjouir que nous soyons de plus en plus nombreux à soutenir l'égalité de droits pour tous.

 

Je suis heureuse, qu'à priori, prenne fin cette épidémie virale ayant plongé tant d'élus dans un coma profond durant plusieurs semaines.

 

Heureuse pour eux, qu' ils n'aient eu pendant des jours à être choqués par les paroles entendues, tuméfiés dans l'âme par les propos  homophobes de nombreux citoyens soutenus par des élus attisant le soir dans la fenêtre de l'actualité la haine de l'autre en refusant le mariage pour tous.Heureuse pour eux, qu' ils n'aient eu à vivre cette montée de haine et qu' ils n'aient dû s'exprimer chaque jour avec pédagogie et calme.Heureuse pour eux qu ils n'aient eu à vivre ce sentiment de honte pour la démocratie Française en écoutant les propos de madame B.... et ses amis...

 

Je leurs souhaite donc un bon rétablissement et je les souhaite plein d' énergie pour proclamer les valeurs de l'égalité des droits pour tous voulu pour notre pays à chaque instant et dans leur famille politique.

Mais, qui pourrait me donner le nom du virus qui les a touché, je n' ai pas retenu le nom?

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Bordeaux, les Rroms : du travail œcuménique à l’attaque politique.

Publié le par Emmanuelle AJON


Je ne peux qu’exprimer mon grand étonnement face au positionnement de la mairie de Bordeaux sur le dossier de la population rrom. En effet, après des années sur ce dossier où je n’ai entendu que les louanges de la majorité municipale, et son vœu d’un travail de terrain dans un esprit de partenariat, hors champ de récupération politique, les propos de ce jour me paraissent annoncer un net changement de position. Pour ma part, je salue l’action concrète du gouvernement, avec la prise en compte rapide de l’accès au marché de l'emploi pour ces familles, par l’abrogation de la taxe imposée à leurs employeurs, dont ils étaient victimes depuis des années (véritable frein à leur insertion), ainsi que l’ouverture d’une liste plus large des métiers. Cela même si – je ne m’en cache pas – je fais partie de celles et ceux qui souhaitent que nous allions vers l’abandon immédiat des mesures transitoires. Je salue également un gouvernement en phase de réflexion avec les pays d’origine de ces flux migratoire, ainsi que la réflexion sur les retours par charters coûteux, inhumains et inefficaces, de surcroît générateurs de systèmes mafieux, autour d’un inacceptable tourisme de la misère. Un gouvernement qui malgré tout s’est saisi de cette problématique humanitaire dans les premières semaines de son action, conformément à ses engagements. La question de cette migration de survie interroge plusieurs problématiques locales : le logement, l’accés à l’emploi, le bien vivre ensemble. Comment répondre en effet aux besoins de logements ou d’hébergement de cette population alors que la ville n’offre que 16% de logements sociaux, ce qui déjà ne permet pas de répondre à la demande des Bordelais ? Ce manque crucial d’un bien fondamental dans notre capitale régionale cause l’engorgement des structures existantes d’hébergement. L’absorption d’une centaine de familles de Rrom représente évidemment un problème insurmontable quand le “bien habiter” pour tous n’est déjà pas assuré par la ville de Bordeaux. Il est en outre stupéfiant qu’une collectivité considère que le financement de “maisons” de planches et la création d’un bidonville intra muros soit une réponse digne d’une société du XXIe siècle, qui lui donne le droit de juger de sa hauteur l’action des autres collectivités. L’histoire et la politique qui accompagne la population rrom (et plus largement bulgare et roumaine), imposent qu’une véritable insertion dans nos « cités » passe par un véritable travail pédagogique, et soit portée par tous les élus. C’est ce que nous demandons au maire de Bordeaux depuis de nombreux mois, afin de pacifier les rapports entre riverains et habitants de squats. Mes demandes en ce sens demeurent hélas à ce jour sans réponse. Par ailleurs nous arrivons aujourd’hui à la fin d’un dispositif (la MOUS) fin que nous connaissions depuis longtemps : le temps du bilan est donc arrivé tant, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, il ne suffit pas de communiquer et de dépenser de l’argent public ; il y a un moment où il devient nécessaire de vérifier que la dépense est efficiente pour la population cible. A juste titre aujourd'hui, la CUB attend de connaître les résultats de cette première MOUS et de son travail sur le terrain (non évacuation des squats, sauf à la demande des communes ) pour accompagner la reconduite d’un tel dispositif si le préfet choisi de le renou veller. On ne peut laisser la mairie juger seule des engagements des collectivités sur ce dossier, comme si la ville de Bordeaux avait vocation ou autorité à distribuer des bons points, alors même que le Conseil régional d’Aquitaine travaille depuis des mois avec les acteurs de terrain pour ouvrir le champ de la formation professionnelle à ces populations. Dans le cadre du droit commun, il met ainsi ses services à disposition des professionnels de terrain, bien que l’action sociale ne soit pas dans son champ de compétences. Des services qui demeurent en attente du fléchage d’un public dont ils ne peuvent connaître a priori les attentes et les besoins. Il semble enfin dangereux qu’un élu de la République remue le chiffon rouge d’une migration sociale massive sur nos territoires, en provenance de pays aujourd’hui pleinement touchés par la crise économique, faisant ainsi un curieux amalgame entre les populations rrom, espagnoles et bulgares. Parce que les appels à la frayeur populaire et au rejet des différences et de l’étranger ont toujours fait fi des contextes économiques, politiques et historiques, on ne peut qu’être choqué d’un tel manque de conscience politique sur un dossier aussi délicat.

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Législative 2012 à Bordeaux, point sur l'actualité.

Publié le par Emmanuelle AJON

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Ces derniers jours, ces dernières heures ont été porteurs de bouleversements politiques, tant au niveau national que local. A la demande de Michèle Delaunay, j’ai  accepté de retirer ma candidature de députée suppléante de la deuxième circonscription de la Gironde au profit de Vincent Feltesse.

Je tenais à prendre un peu de temps avant de m'exprimer  pour évacuer au maximum les sentiments qui pourraient conduire mes propos.

 Dans le même temps, j'ai été submergée par des dizaines et dizaines de messages de militants, sympathisants, amis et de personnes inconnues. Tous m'ont témoigné leur estime, leur affection ou leur incompréhension.

Je tenais à vous remercier à tous.

Pour plusieurs raisons, cette décision n’a donc  pas été facile à prendre.

Tout d’abord au regard du travail accompli ces cinq dernières années auprès des Bordelais, en duo avec la députée, tout particulièrement sur de nombreux dossiers qui me sont chers, au nom de mes engagements et de mes convictions politiques: l’éducation, l’habitat, le pont Bacalan-Bastide, pour ne citer que ceux-là.

Ensuite parce qu’entrer en politique ne signifie pas, pour un homme ou une femme, abandonner à la porte son égo, ses sentiments, ses émotions.

Au-delà de ces considérations personnelles, le choix de permettre à Vincent Feltesse de devenir le suppléant de notre candidate sur la deuxième circonscription a évidemment un sens politique fort pour Bordeaux, après la nomination de Michéle Delaunay comme ministre délégué aux personnes âgées et à la dépendance. Si avec notre soutien actif, comme elle le mérite, les Bordelais confirment en juin leur confiance à Michèle Delaunay, c’est en effet Vincent Feltesse président de la Communauté Urbaine de Bordeaux  qui siègera à l’Assemblée nationale pour lui permettre d’honorer sa charge ministérielle.

Grâce à tous les témoignages de soutien, d'affection, reçus, au lieu de me décourage, cela me motive pour continuer car, finalement, si au premier événement je devais rendre les armes, alors que vaudrait mes engagements.

Non, au contraire, cela va encore me rendre plus déterminée à me battre, car ce qui compte et doit compter, ce sont les progrès qui seront faits dans tous les domaines qui me tiennent à cœur. J'aurai d'autres occasions pour montrer mon opiniâtreté, mes qualités, mes compétences, pour faire avancer ces combats, dont celui de la parité, comme vous vous en doutez.

 

C'est pourquoi, dès demain, vous me verrez à nouveau sur le terrain, en réunion publique, en porte-à-porte, en distribution. Rien, ni personne, ne m'empêchera de participer au parachèvement de la victoire de François Hollande, le 6 mai dernier, car sans majorité parlementaire, tous les engagements pris seront vains et je veux faire partie de tous ceux qui y auront pris leur part.

 Je vous appelle, tous, à m'y accompagner, en laissant derrière la porte, frustrations, colères, parce que cette implication me donnera, nous donnera, plus de légitimité et nous permettra d'être plus écoutés. Suivons l'exemple de François Hollande, il n'a jamais abandonné.

 

Donnons une majorité au changement.

Encore une fois, merci à tous de votre soutien,

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Ministre déleguée aux personnes agées et à la dépendance

Publié le par Emmanuelle AJON

Je suis aujourd’hui heureuse et fière.

Vous avez en effet comme moi, je n’en doute pas, pris connaissance de la composition du premier gouvernement qui s’est aujourd’hui réuni solennellement autour du président de la République et du Premier ministre. Ce gouvernement honore la Gironde avec l’entrée de notre députée, Michèle Delaunay – candidate à l’élection législative sur la 2e circonscription –, qui s’y voit confier le portefeuille de ministre déléguée aux personnes âgées et à la dépendance.

 

Ces attributions, vous le savez, lui tiennent particulièrement à cœur : elle s’y consacre depuis de nombreuses années avec énergie, tant au niveau départemental que national. Qui ne l’a pas entendue parler du “bien vieillir” avec la passion, la force de conviction et de proposition qui la caractérisent ! C’est un moment très fort de surprise et d’émotion, pour moi qui ai accepté en 2007 l’invitation de Michèle Delaunay à l’accompagner dans son combat pour arracher à la droite la 2e circonscription de la Gironde, puis dans son travail de parlementaire.

 

Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait l’honneur de me renouveler sa confiance pour un nouveau mandat si, comme nous y sommes tous déterminés, les Bordelaises et les Bordelais nous confirment en l’amplifiant leur confiance.

Sa charge ministérielle est pour Michéle Delaunay la reconnaissance de combats politiques que, sans vous tous, elle n’aurait pu ni conduire ni gagner. C’est aussi la reconnaissance d’une extraordinaire force de travail et de réflexion, d’un sens politique aigu, d’une détermination et de compétences remarquables dans un champ crucial pour le devenir intergénérationnel de notre société au XXIe siècle.

Cette actualité politique majeure n’est pas sans conséquences pour nous dès aujourd’hui. Elle nous oblige en effet à nous mobiliser davantage encore – nous tous militants socialistes, moi-même en ma qualité de suppléante – pour que notre députée soit brillamment réélue bien sûr, mais aussi que le Président et le gouvernement soient assurés au parlement de la forte majorité sans laquelle ne pourrait être conduit le changement qu’ont souhaité les Françaises et les Français le 6 mai.

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L'immobilier s'égare, les citoyens se paupérisent et les collectivités payent ….

Publié le par Emmanuelle AJON

En investissant 4 millions d’euros de 2009 à 2013, la région Aquitaine s’est clairement engagée pour un nouveau cadre de vie du quartier très dégradé des Ruaults à Sainte-Eulalie, grâce à une convention cadre d’accompagnement du projet de rénovation urbaine.

L’aide régionale cible l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements, la valorisation des espaces publics extérieurs, la création d’espaces publics nouveaux.

 

Les objectifs sont clairs :  

- lutter contre  l’habitat  indigne pour l’accès des habitants à un logement social de qualité ;

- organiser  le territoire  autour  de la mixité  sociale et urbaine,  grâce notamment à des opérations proches du centre-ville ;

- valoriser  les  pôles  d’activités  et  de  services par la  requalification d’équipements structurants dans les quartiers.

 

Au-delà d’une action nécessaire, tant pour les habitants que pour la ville de Sainte-Eulalie, cet engagement illustre les travers des lois de type de Robien ou Sellier. Elles permettent en effet la construction de logements locatifs qui sont davantage, pour le propriétaire, des produits de défiscalisation sur dix ans qu’une acquisition immobilière durable. Inévitablement, la dégradation des copropriétés au-delà de ce terme impose un lourd investissement de rénovation dans les quartiers concernés.

 

Ainsi, au côté d’autres entité publiques, la région Aquitaine a-t-elle signé dés 2009 une convention cadre, dans le quartier des Ruaults qui date de l’urbanisation des années 1960. Réparties sur cinq bâtiments, ses deux copropriétés hébergent environ 600 habitants. Dès l’origine, les logements en accession à la propriété ont été acquis par des investisseurs pour la location. Eu égard à une faible proportion de propriétaires-occupants,  ces copropriétés représentent ainsi de fait depuis l’origine le seul site à vocation locative de la commune.

Liées en partie à  la gestion de ce système, les difficultés ont rapidement généré une dégradation de l’état des logements, des parties communes et des espaces extérieurs. Il en a résulté une paupérisation de la population, accompagnée d’une forte stigmatisation dépassant largement la commune. Diverses études ont montré que ce quartier – qui constitue un parc social de fait à l’échelle de l’agglomération – fonctionne comme une cité de transit pour des ménages arrivés dans l’urgence.

 

Ainsi cette production entièrement privée a-t-elle généré dans le temps  un quartier en grande difficulté qu’il était devenu nécessaire, tant pour les habitants que pour la commune elle-même, d’inscrire dans une opération de rénovation urbaine à grand renfort d’argent public.

 

les-bleuets-les-accacias-copie-1.jpgAu-delà de la pensée claire du Parti socialiste de flécher les fonds publics sur des logements sociaux, il est de la responsabilité  de l’Etat de ne pas promouvoir des dispositifs imposant, à terme, aux collectivités locales des charges importantes de soutien à ces productions privées. Il convient en outre de souligner que les produits de défiscalisation de Robien ont entrainé une production rapide de logements, sur des secteurs géographiques pas toujours en lien avec une demande réelle de futurs locataires.

 

La copropriété des Ruaults est à ce titre un « parfait » exemple de ce que risque de générer les produits de défiscalisation de Robien. C’est bien pourquoi, comme le Parti socialiste, je n’ai jamais été favorable à ce type de politique de l’habitat, largement soutenue par les gouvernements de Nicolas Sarkozy pour répondre à la crise du logement en France. Une politique qui produit à court terme des logements inadaptés à la demande des Français (par le niveau des loyers et, parfois, le secteur de construction), et hypothèque à long terme les finances publiques locales, contraintes d’alourdir la fiscalité. C’est-à-dire de faire payer à tous les citoyens les cadeaux offerts aux « défiscalisés » de Robien.

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Logement, parole de militants associatifs droit au et du logement

Publié le par Emmanuelle AJON

Nous rencontrons tous les jours dans nos métiers respectifs des personnes angoissées de perdre leur logement parce qu'ils ne peuvent plus payer leurs loyers. Certains se privent de manger, affaiblis ils ont des difficultés à travailler. Les arrêts maladie peuvent alors se succéder. Et là on nous parle du déficit de la sécurité sociale !!! Histoire de culpabiliser un peu plus. Quant aux retraités logés par des bailleurs privés c'est une catastrophe, pour beaucoup leurs pensions se révèlent insuffisantes pour assurer le paiement de leur loyer. Alors ils se privent (certains se mettent à voler la nourriture dans les supermarchés), ils s'isolent et meurent à petits feux. Il faut que cela cesse, c'est urgentissime. Merci de te mettre en avant pour lutter contre toute cette injustice.

 Dominique F  professionnelle du logement engagée pour le droit au logement



Oui quel vaste sujet qui depuis des décennies est laissé de côté. Sur ce vaste sujet déjà quelques modifications et abrogations devraient être faites :
-    premier point abrogation de la loi molle sur l'abaissement des plafonds de ressources et l'exclusion par la sous où la sur occupation
-    réaménagement de la loi ENL
-    engagement national sur le logement
-    arrêt immédiat de la taxe Apparu qui devrait couter 750 millions d'euros aux bailleurs sociaux sur 3 ans

 Il faut travailler sur ce sujet cela doit être un des point central de la campagne présidentielle

 Jean Baptiste B. militant associatif pour le droit des locataires

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5 jours pour parler du logement vraiment!

Publié le par Emmanuelle AJON

La petite politique de la formule ne réglera pas le problème du logement !

Depuis quelques mois, quand on parle de la problématique du logement ou plutôt du manque  de logements, on nous sert la nouvelle formule miracle «  le logement d’abord  ». Que cela signifie-t-il exactement ? Le graal, une formule retrouvée dans la forêt de Brocéliande ?

En fait, le logement d’abord – housing first – est né dans les années 70 aux Etats-Unis pour aider les malades sortant des hôpitaux psychiatriques à retrouver une vie normale, avant d’être étendu aux sans-abri dans les années 90.
L’objectif était de reloger ceux que l’on a nommé les « sans abris chroniques », dont le suivi apparaissait trop coûteux car faisant appel à une multitude de services et de paliers avant d’arriver à un relogement dit autonome.
Par ailleurs, les prises en charge en escalier génèrent bien souvent l’engorgement de certaines structures, la sortie vers l’échelon suivant n’étant pas réalisable pour les personnes, ou le nombre de logements disponibles  en bout de chaîne se révélant insuffisant.
Le principe est donc de faire accéder les personnes à un logement et de les accompagner vers l’autonomie, de sorte à ne plus financer les structures dites d’hébergement et autre foyers d’accueil.

Le housing first est donc la prise en charge de personnes dites sans logis chroniques ou en difficulté, sollicitant aides ou traitement, susceptibles de devenir sans-abri.

En fait déjà ancienne, cette approche de la très grande précarité me semble plus humaine, en ce sens qu’elle ne ballote pas la personne en difficulté de structures en structures, même si des questions demeurent posées quant à l’effet réel de la prise en charge sur la problématique de fond au niveau individuel (maladies psychiatriques, addictions, etc.).

La dérive négative serait de déplacer la précarité de la rue à l’intérieur des immeubles, ce qui reviendrait à faire des portes d’appartement des « cache-misère ».

Si cette approche offre une piste de réponse séduisante qui mérite d’être expérimentée, on aura néanmoins compris que le logement d’abord n’est pas une formule magique capable de régler le problème du logement tout court ; celui-là même qui touche aujourd’hui non pas une petite partie mais bien la majorité de la population. Si l’on additionne en effet toutes les difficultés de logement rencontrées par les Français (logement insalubre, trop cher ou trop exigu, accédant surendetté, étudiant sans logement, etc.), on se trouve bien confronté à une pandémie qui ne cesse de s’aggraver.

Oui, le logement est devenu aujourd’hui un problème pour tous les Français, dont plus de 30% du budget est englouti dans le poste habitat contre 20% il y a quelques décennies seulement. Le drame du logement se cache bien aujourd’hui derrière la porte de nos voisins les plus proches :
 
- un petit retraité qui vit sans chauffer son appartement par manque de moyens ;
- une famille de salariés privée d’électricité par surendettement, incapable de régler ses factures ;
- une jeune femme qui, ayant perdu son emploi, a quitté son logement pour ne pas avoir de dettes et vit entre sa voiture et les invitations d’amis, etc.

La problématique actuelle, hypocritement sous-estimée, repose sur l’incapacité du marché immobilier à fournir des logements adaptés aux ressources d’une grande partie de la  population dont le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer.

La solution ne passera pas par la récupération de concepts au titre accrocheur mais, en premier lieu, par une production de logements à loyer modéré encadrée par l’Etat.

Ce serait mentir que d’affirmer que le pays, le gouvernement n’en ont pas les moyens, alors même que la création de logements est vecteur d’emploi, et qu’une économie colossale serait conséquemment réalisée sur les dispositifs d’aides sociales et financières et les mesures palliatives d’accompagnement des dégâts sociaux du mal-logement en France.

Aussi, même si la formule semble moins percutante à l’oreille que « le logement d’abord », le doublement du plafond de dépôt du livret A représente bien une véritable perspective de financement pour la création massive de logements sociaux en France.

Battons-nous contre la politique des petites formules et des spots publicitaires, et exigeons une politique d’engagement concret, clair et durable !

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Mon blog héberge le logement !

Publié le par Emmanuelle AJON

La question du logement est une question centrale de la vie quotidienne des Français , 49% d'entre eux considèrent la dépense qu ils attribuent à l’hébergement comme très lourde dans leur budget, plus de 8 millions sont en fragilité par rapport au logement. Nous ne pouvons plus penser que cela doit être un thème prioritaire de campagne mais nous devons déclarer une urgence nationale.
D 'ici mercredi 1° février jour de mobilisation générale pour le logement de la fondation Abbé Pierre, mon blog sera consacré à l'analyse critique de cette problématique et sera ouvert à des propositions.

J'invite des experts militants à s'exprimer sur ces sujets.

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Un statut de l'élu plutot que des statues!

Publié le par Emmanuelle AJON


Je ne vous ai pas souvent parlé de moi, ou question sur le statut de l'élue.... Il y a cinq ans jour pour jour, se dessinait une très belle journée : je devenais maman pour la deuxième fois et savais que, trois semaines plus tard, démarrerait ma première campagne politique comme suppléante de la future députée socialiste de la 2° circonscription de Gironde, Michèle Delaunay.

Bref, comme on dit, j’entrais en politique ; sans prendre l’uniforme, je quittais ce que l'on nomme la société civile. Je découvrais l'âpreté physique et morale des campagnes politiques - deux autres ont suivi - mais aussi une future élue et des élus expérimentés pleins d'humilité. Bourreaux de travail plaçant l'homme et l'action publique au cœur de leur engagement, ils m’ont donné l’exemple d’un attachement résolu aux valeurs du socialisme, aux réalités du terrain, ciment indispensable à toute construction d'une vision et d’une action politiques. Avec eux, au service de mon mandat, j’ai pu m’intéresser à de nombreux domaines qui ne m’étaient pas familiers.

Je sais ce que doivent mes prises de position et de décision à ces rencontres humaines riches et variées, en prise avec la réalité quotidienne des citoyens.

J’ai aussi découvert l'appareil politique, son efficacité, sa complexité, sa férocité parfois, ses jeux aussi.

Et puis j'ai dû apprendre le statut de l’élue locale, cette campagne s’étant comme on sait conclue sur une victoire historique, offrant à la ville de Bordeaux un député socialiste – une femme en plus ! Une belle victoire qui a fait perdre à ce fief, détenu par la droite depuis 45 ans, l’appellation contrôlée de « circonscription du maire » !

Arrêtons-nous sur le statut d'élue, non pas au sens juridique, ni en termes des missions et des tâches qui m’incombent (j’en ai donné quelques aperçus au gré des billets de ce blog), mais bien de la place de l’élue dans la vie de tous les jours, dès son installation, quand il lui faut prendre des décisions pour mettre en accord sa vision politique, sa vie professionnelle, l'exercice de son mandat et sa vie personnelle. Cette équation, j’en porte témoignage, est l’une des plus difficiles à résoudre.

L'une des premières décisions que j'ai dû prendre a ainsi été d'ordre professionnel : arrêter ou non mon activité salariale. Mon choix a été de la poursuivre pour plusieurs raisons :

       - garder un lien avec la « vraie » vie, celle des gens au nom de qui j’exerce mon mandat ;

     - ne pas me couper de mon secteur professionnel, celui de l'habitat social qui me passionne, véritable source de prise de conscience et de décision pour moi, sans doute même mon baromètre sur le moral et les conditions de vie des Français. Bref, un peu mon CAC 40 ;

     - garder mon indépendance financière par rapport au monde politique, donc mon indépendance de pensée et d'action. Ne jamais avoir à faire des choix dictés par un besoin économique ;

     - garder mon indépendance de femme et de mère de famille ;

    - continuer à cotiser pour ma retraite ;

     - ne pas devoir m’accrocher coûte que coûte à un mandat, par crainte de me retrouver sans emploi et sans ressources à son terme.

C'est en fin de compte cette position qui conditionne une vie politique. Elle conduit à accepter d’être empêché parfois de participer à des manifestations, des réunions politiques, des conférences de presse, etc., en n’ignorant pas que la politique a horreur du vide et que toute absence sera « interprétée ».

Si, pour s’acquitter de son mandat, l’élue que je suis peut légalement prendre de nombreuses heures sur son temps de travail (non rémunérées dans la majeure partie des cas), elle ne peut en effet faire supporter un poids trop important d'absences d'un de ses cadres à une entreprise et à son activité. Il faut donc comprendre un temps de réaction parfois plus long aux sollicitations et à l'actualité. Cela ne se fait pas sans un sentiment de culpabilité, souvent important tant au niveau professionnel que politique.

Mais le temps n’étant pas élastique, il faut bien placer dans le même nombre d'heures son rôle d'élue, de salariée, de mère, de femme, de militante associative. Et donc assumer :

    - de ne pas être une maman comme les autres ;

     - de l’expliquer avec des mots simples à ses bouts de choux ;

     - de préserver du temps pour sa vie privée ;

       - de recruter un(e) super baby-sitter (d'avoir aussi de très bonnes copines, mobilisables sans préavis) ;

        - d’entraver sa carrière professionnelle ou son évolution professionnelle ;

        - de porter sa double culpabilité (la sienne propre et celle que vous renvoie la société).

Ne vous méprenez pas cependant, cette longue explication n'est pas une plainte ou une complainte. Je ne doute aucunement de mes choix, persuadée qu’ils permettent de créer un environnement d'élue politique locale plus en lien avec la réalité quotidienne des Français. Cette position dont je suis fière n'est malgré tout pas tenable pour tous ni dans le temps. C’est justement cette expérience assumée qui me convainc farouchement de la nécessité d'un véritable statut légal de l'élu local, au-delà du non cumul des mandats.

Pour tous les citoyens qui souhaitent en effet des élus plus proches de leur réalité, ou ceux encore qui se sentent frustrés de ne pouvoir s’engager activement eux-mêmes dans la vie politique, un long chemin demeure à parcourir. Le rôle d'élu demande de plus en plus de temps, de disponibilité, d'apprentissage, de connaissances ; parallèlement, on ressent le besoin d'une réelle pluralité socio-économique dans le paysage politique.

N’est-il pas intellectuellement malhonnête de souhaiter une telle évolution sans exiger un statut juridique de l'élu, non seulement durant l’exercice de son mandat mais aussi à son issue ? Une véritable société démocratique se doit d’assumer un tel statut, avec ses devoirs, ses réserves, ses limites, mais aussi ses droits, en adéquation avec les enjeux économiques, familiaux, sociaux et professionnels de l'homme ou de la femme que demeure l’élu.

La promotion de ce statut implique une réflexion sur la rémunération des élus, en particulier en milieu rural où nombre d’entre eux sont bénévoles, la garantie de retrouver un emploi en fin de mandat, notamment en cas de non cumul dans le temps, l’assurance d’une réinsertion professionnelle, la validation des acquis de l'expérience. Il convient de réfléchir en parallèle à un accompagnement des entreprises qui emploient des élus, pour que l’exercice d’un mandat ne pénalise en rien leur organisation et leur activité, ne constitue pas un poids économique préjudiciable.

Une attention particulière me semble devoir aussi être portée à l’accompagnement des élues féminines dans leur vie familiale, notamment en termes de garde des enfants.

 

En bref, les questions suivantes doivent rapidement trouver une réponse pour l’avenir des élus locaux : comment assumer pleinement un mandat lorsque l'on est issu du secteur privé ? Comment cotiser à la sécurité sociale ou à une caisse de retraite alors qu'une indemnité (non assimilable à un salaire) ne le permet pas ? Comment régler le problème du cumul des mandats dans le temps lorsque la question de la retraite se pose ?

Je suis persuadée que notre démocratie ne peut gagner en clairvoyance, en honnêteté, en efficacité et en représentativité qu'au prix courageux d’un véritable statut juridique de l'élu local, seul capable de favoriser durablement l'émergence de nouvelles têtes aux élections : celles de femmes, de jeunes, d’ouvriers, de candidats issus du secteur privé, en conjuguant une meilleure représentativité de nos territoires avec un véritable contrat à durée déterminée de l’élu, clair pour le citoyen comme pour lui-même.

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